14 septembre 2009

Ramadhan, des actes qui invalident le jeûne

Question

Comment le jeûne est-il invalidé ?
Est-ce que les actes suivants invalident le jeûne : les injections, se mettre le doigt dans l’oreille, les examens vaginaux, se rafraîchir le corps avec de l’eau, vomir ?

Voici la réponse de Sheikh `Atiyyah Saqr

Concernant le jeûne, Allâh - Exalté soit-Il - dit : « Cohabitez donc avec elles [vos épouses], maintenant, et cherchez ce qu’Allâh a prescrit en votre faveur ; mangez et buvez jusqu’à ce que se distingue, pour vous, le fil blanc de l’aube du fil noir de la nuit. Puis accomplissez le jeûne jusqu’à la nuit. »
[2] Il est aussi rapporté que l’un des Compagnons du Prophète - paix et bénédictions sur lui - lui dit : « Je suis ruiné ! » « Pourquoi ? », demanda le Prophète - paix et bénédiction soientccsur lui. L’homme répondit : « J’ai eu une relation sexuelle avec mon épouse pendant une journée du Ramadân ». Le Prophète - paix et bénédictions soient sur lui - lui enseigna alors comment expier cette faute.

Le verset et le hadith précédents indiquent que jeûner signifie s’abstenir de nourriture, de boisson et de relations sexuelles. Ainsi l’accomplissement de l’une de ces actions invalide le jeûne. Les juristes sont d’avis, de manière unanime, que celui qui commet l’un de ces trois actes doit rattraper son jour de jeûne, car cela est considéré comme une dette, et « une dette due à Allâh mérite davantage de considération » comme il est rapporté dans un hadith authentique.
De plus, avoir une relation sexuelle nécessite une expiation majeure, c’est-à-dire affranchir un esclave. Si le musulman n’en est pas capable, il doit jeûner deux mois consécutifs. S’il en est toujours incapable, qu’il nourrisse soixante pauvres.

Cependant, les savants ont divergé sur la définition exacte des termes « nourriture » et « boisson ». Certains sont d’avis que ces termes désignent tout ce qui pénètre l’intérieur du corps d’un individu. Ils divergent aussi sur la compréhension du terme « tout » ; ils se demandent s’il faut le prendre dans son sens général ou s’il désigne quelque chose en particulier, comme la nourriture ou le fait de satisfaire son appétit charnel. Il y a aussi divergence sur la signification du terme « intérieur » : signifie-t-il l’estomac qui reçoit la nourriture et la boisson ? Désigne-t-il toute partie du corps invisible de l’extérieur ? Ou alors les organes chargés d’assimiler la nourriture et les médicaments ? Ainsi, certains soutiennent que se mettre le doigt dans l’oreille invalide le jeûne. À l’inverse, d’autres pensent que lorsque la nourriture atteint le corps sans passer par un orifice naturel, à l’aide d’une seringue par exemple, le jeûne n’est pas invalidé. D’autres font remarquer la chose suivante : si une substance atteignait la gorge par dessous les cheveux, à travers les pores, le jeûne serait-il invalidé en dépit du fait que cette substance aurait emprunté un canal non conventionnel ? D’autre part, certains avancent qu’insérer une seringue dans l’urètre n’annule pas le jeûne, même si ce dernier est un orifice naturel. Ne tenant pas compte de la vraie signification du jeûne et en généralisant le concept de nourriture à des éléments éloignés du sens littéral et coutumier du terme, ces juristes ont émis ces avis aussi divers et variés.

Toutefois, parmi toutes les opinions des juristes célèbres, j’opte pour les avis suivants :

Le jeûne n’est pas annulé lorsque l’on met ses doigts dans ses oreilles, ou en les nettoyant à l’aide d’un coton-tige ou à l’aide d’une solution, car rien ne peut dépasser les tympans et arriver à la tête, qui de toute façon, n’a pas vocation à recevoir la nourriture et à nourrir le corps.

Le jeûne n’est pas rompu par les examens vaginaux, ni celui des hémorroïdes ou des amygdales à l’aide d’une cuillère ou d’un instrument de ce genre.

Un lavement (au sens médical du terme) n’invalide pas le jeûne à moins que l’instrument n’atteigne l’estomac.

Le jeûne n’est pas invalidé par les injections intraveineuses, intramusculaires ou sous-cutanées, car elles ne procurent pas la nourriture et la boisson de nature à satisfaire la faim et à étancher de la soif.

Par contre, les injections d’éléments nutritifs comme le glucose par exemple, sont considérées comme de la nourriture et annulent donc le jeûne. Celui qui reçoit ce genre d’injections peut se passer de nourriture car ces injections ont le même effet que la nourriture. Cela s’explique par le fait que lorsque la nourriture est digérée et assimilée, elle apporte au corps tout ce dont il a besoin grâce à la circulation sanguine. Ainsi, la nourriture peut être directement injectée dans le sang sans passer par le canal alimentaire conventionnel.


Se rafraîchir le corps avec de l’eau fraîche ou se gargariser n’invalide pas le jeûne car on a vu le Prophète - paix et bénédictions sur lui - verser de l’eau sur sa tête alors qu’il jeûnait, pendant une période de grande chaleur. Ce récit a été rapporté par Ahmad, Abu Dawûd et An-Nasâ’î. En effet, lorsqu’on se rafraîchit le corps, l’eau n’atteint pas l’estomac. Le but étant simplement de réduire la transpiration pour retenir l’eau dans le corps et réduire la soif qui s’ensuit.


Concernant le vomissement, il est rapporté que le Prophète - paix et bénédictions sur lui - a dit : « Quiconque n’a pu s’empêcher de vomir, n’a pas à recommencer son jeûne, tandis que celui qui l’a fait intentionnellement doit le refaire. » Les juristes définissent le vomissement comme étant la sortie des substances contenues dans l’estomac à travers la bouche. Si celui-ci est accidentel, le jeûne n’est pas rompu. S’il a été provoqué délibérément, le jeûne doit être renouvelé.

19 juillet 2009

Hommage aux victimes du crash de l'Airbus A310 de Yemenia

Ci après le discours que j'ai prononcé le samedi 4 juillet 2009, en ma qualité de Coordinateur de la Diascom Rhône-Alpes lors de la cérémonie de recueillement, organisée par la Diascom et la communauté comorienne du Rhône-Alpes au stade des Iris à Villeurbanne


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Messieurs les Députés,
Monsieur le Vice Président du Grand Lyon,
Monsieur le Vice-président du conseil général du Rhône,
Messieurs les Maire,
Mesdames, Messieurs les élus,
Honorable assistance
Les comoriens sont en deuil.
La communauté comorienne de France est touchée au plus profond de son âme.
Le drame douloureux qui s’est produit dans la nuit du 29 au 30 juin 2009 au large des côtes comoriennes et qui nous rassemble ici aujourd’hui, nous plonge, tous, dans une profonde tristesse.

Cet accident a décimé des familles entières.
Certains villages ont perdu jusqu'à 30 personnes d'autres, une dizaine, 8, 7, cinq etc.….
Au total 152 personnes - (longue vie à Bahia)- 152 personnes sont portées disparues.
Par vos présences ici parmi nous honorables élus, la France témoigne de sa forte compassion.
Merci.
Honorables assistance, la douleur est très profonde à chaque fois que nous pensons aux 152 personnes qui ont perdu la vie, dans ce tragique accident de l’Airbus A310 de la compagnie Yemenia Airways.
Sachez que 152 personnes sur un total des 700 000 habitants que comptent aujourd'hui les Comores, c'est énorme.
Chacun de nous dans la diaspora comorienne a perdu un membre de la famille, un ami, une connaissance, un collègue ou simplement l'ami d'un ami.
Je pense à la commune de Rillieux-la-Pape qui a perdu 2 de ses administrés dans le crash de cet avion, madame Abdou et sa fille Sohane.
Je pense à Hadidja, cette jeune femme active, présente partout dans les festivités et rencontres comoriennes du quartier de Gerland qui n'a pas eu le temps d'intégrer l'appartement qu'elle venait d'avoir après plusieurs mois d'attente.
Je pense aussi à cette femme de Vénissieux à qui on vient d'accorder sa carte de séjour, après dix ans de clandestinité. Son premier rêve était de rendre visite à sa famille laissée au pays.
Je pense aussi à ma cousine Thama Abdounour d'Itsandra Mdjini qui a perdu dans ce tragique accident ses deux fils et son frère El-hadad Abdounour lui-même accompagné de son fils Elhad Abdounour de 2ans.
Je pense à ma chère sœur et voisine de Tsidjé accompagnée de ses 2 jeunes enfants,
je souhaite beaucoup de courage à mon frère et ami AGOGO.
"Puisque c’est à moi qu’il échoit le triste honneur de me faire l’interprète des sentiments profondément attristés de la communauté comorienne, je voudrais que vous vous joigniez à moi pour adresser nos sincères condoléances aux familles des victimes.
Que l’expression de notre profonde sympathie franchisse les frontières pour parvenir à leurs proches, là-bas aux Comores. Je voudrais que nous ayions une pensée particulière pour celles et ceux qui, ici présents, sont durement touchés par
cet insoutenable catastrophe."
Le plus triste dans ce malheur c'est que ce drame était prévisible.
Chacun de nous, après avoir embarqué dans les A310 de Yemenia airways à partir de Sanaa vers Moroni a craint de sa vie à un moment donné.
Mesdames, Messieurs, la sécurité faisait défaut à cette compagnie.
Nous ne pouvons pas aujourd'hui omettre qu'il y a environ un an, les comoriens de France et les français d'origine comorienne se sont constitués en un collectif dénommé SOS VOYAGES COMORES dans un objectif de rendre les vols de cette compagnie sûrs à un prix attractif. (Oui, prix attractif, car, contrairement à ce que disent les mauvaises langues, elles font croire que les vols yemenia à destination des Comores étaient des vols low cost). Non, le prix du billet en haute saison atteignait les 1400euros.
Ce collectif, a désigné une délégation qui est partie aux Comores rencontrer les autorités comoriennes ; cette délégation est allée même à Sanaa, au Yemen, elle est rentrée bredouille.
Au nom de la Diascom,
Mesdames et messieurs les élus, Honorable assistance,
je demande, par votre intermédiaire, à Monsieur Nicolas Sarkozy Président de la République qu'une commission d'enquête soit constituée afin :


  • que la lumière soit faite sur ce drame,

  • que les 152 disparus ne le soient pour rien,

  • que les comoriens de France et les français d'origine comorienne trouvent leur dignité partout dans le monde


Je vous remercie.



03 avril 2009

Mayotte : de 1958 à 2009, un article de Mayotte Hebdo

50 ans de combat pour Mayotte française

1 mai 1958L'assemblée territoriale des Comores vote une motion demandant le transfert de la capitale de Dzaoudzi à Moroni.

Au Congrès de Tsoundzou mené par Marcel Henry, Younoussa Bamana, Georges Nahouda, en réaction contre cette décision, la population mahoraise se prononce pour la rupture avec les Comores et en faveur de la départementalisation.

2 août 1966

Révolte des femmes guidées par Bouéni M'titi, Zaïna Méresse et Zéna M'déré, qui manifestent devant la résidence du conseil du gouvernement. Création du Mouvement populaire mahorais, les principaux leaders que sont Marcel Henry, Zéna M'déré, Ibrahim Bacar et Younoussa Bamana, prêtent serment de fidélité pour la vie à la cause séparatiste mahoraise et au maintien de l'île dans la République française.

2 décembre 1972

La chambre des députés des Comores exprime le vœu qu'une délégation du territoire étudie avec le gouvernement de la République française les conditions d'accession des Comores à l'indépendance "dans la coopération et l'amitié avec la France".

Mai 1973

Ouverture des pourparlers à Paris sur les modalités de l'accession des Comores à l'indépendance.

11 novembre 1973

Emprisonnement de Younoussa Bamana, représentant de Mayotte à la chambre des députés des Comores.

2 octobre 1974

Le MPM demande le droit à l'autodétermination de Mayotte.

14 novembre 1974

Le Parlement français adopte le projet de loi organisant le référendum, les résultats seront connus île par île.

22 décembre 1974

Référendum d'autodétermination des Comores, sur l'ensemble de Mohéli, Anjouan et Grande Comore, 94,94% se prononcent pour l'indépendance. A Mayotte, 65,3% se prononcent pour le maintien du territoire au sein de la République.

25 juin 1975

L'Assemblée nationale examine le projet de loi portant ratification des résultats du référendum. Ce projet doit être soumis au référendum avant la proclamation de l'indépendance et devra être adopté île par île.

6 juillet 1975

Proclamation unilatérale de l'indépendance des Comores par Ahmed Abdallah, les élus mahorais dénoncent une décision illégale.

3 août 1975

Ali Soihili renverse le président Ahmed Abdallah.

21 novembre 1975

La "marche rose" : Ali Soihili débarque à Mayotte avec une cinquantaine d'hommes non armés. La population mahoraise se rend massivement à l'aéroport pour empêcher l'atterrissage d'un 2e avion soupçonné d'amener un détachement armé.

8 février 1976

Consultation de la population mahoraise : 99,42% choisissent de demeurer au sein de la République française.

11 avril 1976

Deuxième consultation pour le maintien ou l'abandon du statut de Tom, environ 80% se prononcent pour l'abandon au profit du statut de Dom.

22 décembre 1979

Une loi réaffirme l’ancrage de Mayotte dans la République française en stipulant que "l'île de Mayotte fait partie de la République française et ne peut cesser d'y appartenir sans le consentement de sa population".

27 janvier 2000

L'Accord sur l'avenir de Mayotte est signé au nom de l'État par le Secrétaire d'État à l'Outremer avec le président du conseil général et les principaux partis politiques de l'île.

2 juillet 2000

Conformément aux engagements pris, la population de Mayotte est consultée et se prononce à 72,94% pour cet accord et devient Collectivité départementale, avec 10 ans pour se préparer.

29 mars 2009

Les Mahorais se prononcent à 95,2% des voix pour le statut de département d'Outremer.

05 février 2009

Comores, la tournante doit tourner, et c’est au tour de Mohéli

Encore une fois, les comoriens sont appelés aux urnes. Un projet de loi sur la réforme constitutionnelle est soumis à référendum le mois prochain cette réforme constitutionnelle porterait sur la modification pure et simple de la constitution fraîchement adoptée en décembre 2001. Elle aurait comme objectif de réduire le nombre d’échéances électorales, alléger l’architecture institutionnelle de l’Etat, porter ainsi la durée du mandat présidentielle à un quinquennat non renouvelable. Vu de cet angle, nul ne semble s’opposer à ce projet. Chacun veut applaudir des deux mains, cela va de l’intérêt de la nation comorienne. En revanche, ce qui pose problème, c’est la question suivante : pourquoi maintenant ?

En effet, malgré l’intérêt que peut porter un tel projet, cette réforme si elle est adoptée aura la fâcheuse conséquence de porter encore pour cinq ans, le Président Sambi à la tête de l’état. (Cf. l’article 17 de l’avant projet de loi). Ce qui lui fera un total de 8 voire de 9ans au pouvoir, sans discontinuer, car, il a été précisé par ce même article 17 : « une proposition de calendrier sera soumise au vote de l’Assemblée de l’Union ». Cela veut dire, qu’un calendrier va être soumis à l’assemblée de l’Union soit tout de suite après l’adoption, soit au terme du mandat en cours. En d’autres termes, le Président Sambi pourra organiser sa réélection, en même temps que les Gouverneurs, immédiatement après l’adoption de la réforme constitutionnelle ou attendre la fin de son mandat en cours pour organiser sa réélection auquel cas, on va devoir supporter le Foundi jusqu’à en mai 2015.

Ensuite, conformément à la constitution que nous avons adoptée en 2001, la tournante doit tourner. Tout et chacun sait que nous traversons une période très sensible.
« Chat échaudé craint l'eau froide ». Nous devons nous abstenir de tout acte ou parole devant créer une autre crise politique. Modifier cette constitution maintenant risque d’attiser le séparatisme encore en veille dans nos esprits et détruire la fragile réconciliation que nous ne connaissons que depuis moins de un an. Rappelez vous qu’en 1997, les mohéliens avaient, eux aussi, hissé le drapeau français. N’oubliez pas non plus, que ce n’est qu’au mois de mars 2008 que nous avons, des deux mains, acclamé le Président Sambi pour avoir libéré Anjouan. Il serait inconvenant aux yeux de tous, y compris la communauté internationale, qu’à la date anniversaire, les Comores entrent à nouveau, dans une autre crise séparatiste avec l’île autonome de Mohéli. Il faut noter d’ores et déjà, que lors d’un grand rassemblement tenu ce week-end pour dénoncer « toute révision de la constitution », les hommes politiques de Mohéli, menacent de faire sécession s'ils n'obtiennent pas gain de cause. Il serait par conséquent raisonnable, au Président Sambi, d’annuler ce référendum. L’expérience sur la tournante doit passer par Mohéli.

Enfin, il convient de se demander pourquoi, encore une fois, Sambi souhaite appeler les comoriens aux urnes ce mois de mars ?

- Serait-ce pour détourner l’attention du comorien sur le référendum qui aura lieu à Mayotte sur la départementalisation de notre île sœur ?
- Cette mascarade serait-elle le fruit des termes tenus entre les Présidents Sambi et Sarkozy le 28 septembre 2007 ?
- Serait-ce pour occulter les élections législatives d’Avril 2009. Ce qui aurait comme conséquence de by-passer le parlement de l’Union et ainsi pouvoir régner sans partager ?

Ce qui mérite d’être rappelé, c’est que lors de la rencontre de septembre 2007 entre les deux présidents Sarkozy et Sambi, il a été décidé officiellement qu’ensemble ils allaient maintenir la question de Mayotte dans un cadre bilatéral et poursuivre avec détermination le dialogue approfondi relancé entre les deux pays. Mais qu’avons-nous vu venir ? La naissance du GTHN, poudre aux yeux que nous a lancée Yves Jégo, Secrétaire d’Etat français à l’Outre mer. Sambi serait-il le complice de la France sur le projet de la départementalisation de Mayotte ?

Comme disait un de nos illustres et anciens Présidents le Guide de la Révolution, Ali Soilih, « l’histoire est le seul juge », j’espère que nous n’aurons pas à poursuivre le Président Sambi pour haute trahison.

10 janvier 2009

Small states dans les relations internationales : le cas de Mayotte

Saïd Hamidou ALLAOUI
Objet : Lettre ouverte au président Sarkozy
Lyon, le 10 janvier 2009
Monsieur le Président,
A votre élection en mai 2007, vous êtes apparu aux yeux de nombreux africains comme étant l’homme qui allait rompre définitivement avec la politique de la Françafrique.
Le discours de Dakar du 26 juillet 2007 devenu célèbre depuis (pour d'autres raisons), et celui du Cap en Afrique du Sud du 28 février 2008 étaient à chaque occasion cités en exemple dans nos milieux. Ces deux discours devraient marquer la fin d’une époque, l’époque de la colonisation, l’époque de la Françafrique pour entrer dans une nouvelle ère, l’Eurafrique.
Cependant, Monsieur le Président, les comoriens ne sont plus convaincus que l’ère de la Françafrique est terminée, et que la néocolonisation est révolue.
En effet, vous organisez le 29 mars prochain un référendum à Mayotte en vue de départementaliser cette île et la rendre française définitivement. La France d’aujourd’hui aurait-elle besoin de cela ?
Vous savez, Monsieur le Président que ce référendum aura plusieurs conséquences que vous ne pourrez ignorer. Le remettre à plus tard aurait été la solution la plus sage. Elle aurait permis d’apaiser les tensions politiques qui existent entre la France et les Comores, ainsi que les tensions sociales qui surgissent à l’intérieur de l’archipel, au point que des grands comoriens exigent de leurs frères anjouanais résidants à Moroni, une carte de séjour. C’est comme si on demande à un bourguignon de posséder une carte de séjour en Bretagne. Concevez Monsieur le Président que la situation est dramatique.
De tels dérapages commencent à se normaliser et à prendre forme. La raison n’est nullement pas loin. Les comoriens, natifs de (ou résidants à) la grande Comore, Anjouan et Mohéli sont considérés comme étant des clandestins chez eux, à Mayotte.
Je ne pense pas, Monsieur le Président, que vous voulez marquer l’histoire du XXI ème siècle comme étant un colonisateur qui transforme un désaccord historique en la départementalisation de l’île comorienne de Mayotte (une recolonisation).
Père fondateur de l’Eurafrique, à la tête de laquelle vous construisez l’Union Méditerranéenne, je vous cite, « pivot de l’Eurafrique, la première étape du plus grand rêve de paix et de prospérité qu’Européens et Africains sont capables de concevoir ensemble ».
Vos intentions de faire de la France un hégémon régional à défaut de détenir l’hégémonie globale « virtuellement impossible pour quelque Etat que ce soit » selon Mearsheimer, sont louables. Mearsheimer est persuadé que « la situation idéale pour toute grande puissance est d’être le seul hégémon régional dans le monde. » La France a la capacité de détenir une hégémonie régionale dans l’Océan Indien voire de l’Afrique de l’Est, sans une présence à Mayotte.
La France n’a pas besoin d’être un colon pour dominer le monde au XXIème siècle encore moins à Mayotte, cette minuscule île perdue dans l’océan indien.

Ce serait entaché sa politique extérieur déjà grisée par le nombre de morts tués par le visa Balladur (C’est comme cela qu’on les appelle).
Ce serait couvrir en son sein un centre de rétention dénoncé par les médias ce mois de décembre 2008 comme inhumain et condamné par Amnesty International, un centre de rétention aux conditions de vie déplorables indignes à la France, pays de droits de l’homme.
Monsieur le Président,
Je ne vais pas citer les nombreuses résolutions de l’Organisation des Nations Unies comme toutes les autres autorités comoriennes qui les évoquent continuellement sur toutes les tribunes, y compris celle des Nations unies, condamnant la présence de la France à Mayotte. La France restera insensible à ces condamnations, car en matière de relations internationales, la France n’est surplombée par aucune autorité supérieure. Je reconnais qu’il n’existe aucun gouvernement mondial capable d’imposer des règles que les grandes puissances comme la France ne puissent transgresser.
Mais permettez moi Monsieur le Président de jeter un regard sur les actions menées par la présidence française à l’Union Européenne, durant sa mandature. N’a-t-elle pas œuvré pour la paix en Géorgie poussant la Russie hors des frontières évitant ainsi une guerre sanglante de plusieurs mois ? N’est–ce pas la même France sous votre présidence qui a poussé la Russie à reconnaître l’indépendance de l’Ossétie le 26 août 2008 ?
Y a-t-il dans la politique étrangère de la France deux poids deux mesures ? La politique de la France face à l’Europe, et la Politique de la France face à l’Afrique ?
Monsieur le Président,
J’ai cru comprendre à travers le discours que vous avez prononcé à Dakar le 26 juillet 2007 que : « ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c’est-à-dire le développement partagé. » et non la colonisation de l’Afrique. « La France veut avec l’Afrique des projets communs, des pôles de compétitivité communs, des universités communes, des laboratoires communs. Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation ». Mais la départementalisation de Mayotte, n’est-elle pas une colonisation d’une partie de la terre comorienne ?
Monsieur le Président,
Dans votre Discours au CAP en Afrique du SUD le 28 février 2008 vous affirmiez que la France se trouve dans « une situation où notre engagement politique, militaire ou économique aux côtés de l’Afrique est perçu par beaucoup non comme une aide sincère, mais comme une ingérence coloniale ; mais où dans le même temps, une indifférence, un retrait ou une absence d’engagement nous sont reprochés comme un abandon ou une ingratitude ». Si les africains ressentent en général, une telle ingratitude, la raison vient certainement de la politique extérieur de la France.
Monsieur le Président
Examinons la question de Mayotte sur un aspect théorique en matière de relations internationales, (choc des civilisations) le professeur Samuel HUNTIGTON écrivit : « les grandes causes de division de l’humanité et les principales sources de conflits seront culturelles (…), les principaux conflits politiques mondiaux mettront aux prises des nations et des groupes appartenant à des civilisations différentes ». N’instaurez pas, Monsieur le Président, une civilisation à Mayotte différente de celle des îles sœurs. Ne soyez pas celui qui serait à l’origine des conflits politiques futurs entre les mahorais et les habitants des autres îles comoriennes de l’archipel ou même des comoriens entre eux.
Rappelez-vous que la population est une donnée géographique et démographique, dans le sens où elle constitue l’ensemble des habitants qui vivent et travaillent sur le territoire d’un Etat. C’est aussi une notion juridique en tant qu’élément constitutif de l’Etat. En dernier lieu, la notion de population revêt un aspect identitaire et historique, facteur de stabilité ou d’instabilité pour les Etats.
Monsieur le Président,
Permettez-moi de vous citer dans votre discours, lors de la 62ème Assemblée Générale des Nations Unies à New York, le 25 Septembre 2007 : "Il n’y aura pas de paix dans le monde si la communauté internationale transige avec le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et avec les droits de l’homme. Il n’y aura pas de paix dans le monde sans le respect de la diversité, sans le respect des identités nationales, sans le respect des religions et des croyances, sans le respect des cultures". Balayons devant notre porte, Monsieur le Président.
Il n’y aura pas de stabilité aux Comores, il n'y aura pas de développement aux Comores, ni de codéveloppement entre Mayotte et les Comores, tant que Mayotte restera française car le niveau de vie des mahorais sera toujours élevé et Mayotte restera aux yeux des comoriens l’Eldorado. Les comoriens, à la recherche d'une vie meilleures, iront par conséquent toujours périr en mer. Et la France va devoir multiplier autant des centres de rétention comme celles que Yves Jégo promet aux autorités mahoraises ; la France va devoir multiplier les espaces pour en faire des fosses communes ; le visa Balladur et la départementalisation de Sarkozy continueront de tuer.
Parce que l’histoire des relations internationales a très souvent été liée aux revendications identitaires de nations, des peuples, de groupes ethniques religieux. La notion de population ne peut pas se définir uniquement par rapport à des critères juridiques, la nationalité
Parce que « les frontières reconnues aujourd’hui par le droit international ne sont pas naturelles, mais résultent de la conjonction de la géographie et de l’histoire »
"Parce que la France souhaite l’unité de l’Afrique, car l’unité de l’Afrique rendra l’Afrique aux Africains". Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007 à Dakar
Parce ce que "Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une politique d’immigration négociée ensemble, décidée ensemble pour que la jeunesse africaine puisse être accueillie en France et dans toute l’Europe avec dignité et avec respect" Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007 à Dakar
Parce que "Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est une alliance de la jeunesse française et de la jeunesse africaine pour que le monde de demain soit un monde meilleur". Nicolas Sarkozy, le 26 juillet 2007 à Dakar
Je vous suggère, Monsieur le Président de sortir de cette impasse politique
  • en adoptant une politique courageuse face aux élus mahorais ;
  • en mettant en place une commission franco-comorienne devant adopter une résolution appelant la France et les Comores à observer un moratoire d’une vingtaine d’année. Il reviendra aux comoriens pendant ce temps de relever les trois îles sœurs à un niveau de développement acceptable par les mahorais, rattraper les huit ans de retard qu’ils ont accusés ;
  • en exigeant des autorités comoriennes le renforcement de leurs frontières autour des quatre îles ;
  • en supprimant le visa Balladur cause de plusieurs décès en mer
Monsieur le Président,
Vous l’avez dit à Dakar, en juillet 2007 "Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est le co-développement, c’est-à-dire le développement partagé. (…) Ce que la France veut faire avec l’Afrique, c’est élaborer une stratégie commune dans la mondialisation"
Mais en ce qui concerne les Comores, il n’y aura pas de co-développement tant que de l’autre côté de la mer, à Mayotte, à 70 kilomètres de là, il y a l’espoir.
La force vive de la nation comorienne cherche par tous les moyens à s’échapper. Elle ira mourir en mer.
Les jeunes comoriens ne cherchent pas à construire une vie dans leur pays. On les entend jurer qu’un jour où l’autre ils rentreront à Mayotte. Ils iront mourir en mer.
Les autres qu’on a reconduits aux frontières sont persuadés que la prochaine fois sera la bonne. Ils iront mourir en mer
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République française, l’expression de mon plus profond respect.
Saïd Hamidou ALLAOUI
Président du Club ULEZI

20 décembre 2008

La crise expliquée à mon cousin du bled

Cher cousin,
Je vais tenter de t’expliquer ce qui se passe avec mes mots :La crise financière et économique que le monde occidentale traverse ces dernières semaines est dite systémique. Elle est marquée par une crise de liquidité interbancaire et une crise du crédit. Ils appellent ça le « credit crunch ». C’est la dégringolade des marchés financiers, tu sais que moi et la bourse, … En somme c’est la crise des riches… les bénéficiaires du RMI et des ASSEDICS ne sont pas encore touchés, du moins pour le moment… Je te dirai même que,…. … depuis qu'on parle de crise j'ai sorti ma vieille carcasse de voiture. Oui celle là même qui consomme 10 litres au 100km car maintenant que l'essence coûte moins cher, je peux m’offrir une balade en famille les week-end. La raison, c’est la chute du prix du sans plomb 95 à la pompe. Le litre de SP95, tourne autour de 1,05€ alors qu’il valait entre 1,45€ et 1,50€ au mois de juillet 2008. J’ai entendu à la radio ce matin que c’est une conséquence de la chute du prix de baril. Il s’échangeait, ce matin du 19 décembre aux alentours de 38 $ alors qu’il frôlait les 150 $ il y a 3mois. Cette chute continue du prix du Baril a fini par susciter de l’inquiétude aux producteurs de pétrole au point de réunir les pays de l’OPEP pour s’entendre sur une baisse de la production de 2 200 000 barils par jour, histoire de pousser le prix du baril à la hausse. Mais parfois les marchés financiers sont sourds, le prix du baril a continué à dégringoler entre hier et aujourd’hui. Il n’y a pas eu effet immédiat sur les marchés puisque le prix du pétrole s’échange aux environs de 40 $, cela confirme, comme disent certains que le prix du pétrole est lié à un effet conjoncturel et non à loi de l’offre réelle et de la demande. Les analystes estiment que le juste prix comme dirait l’autre, le juste prix du baril devrait se situer entre 70 et 80 $. C’est un prix d’équilibre poursuivent-ils entre les consommateurs et les producteurs. Il permet à ces derniers d’investir dans des équipements nouveaux et dans la recherche des énergies renouvelables. Oui cher cousin, Depuis qu’on parle de crise, les prix ont baissé ; avec une trentaine d’euros, je remplis un caddie au supermarché. Les prix ont tellement baissé à tel point qu’en Espagne on achète 2 voitures pour le prix d’une. C’est comme s’il s’agissait de l’achat d’une brosse à dents. En France, Sarkozy offre 1000 euros de plus contre la reprise d’une voiture de 10ans et plus, à l’achat d’une voiture neuve. Des telles initiatives sont faites pour soutenir l’industrie automobile et relancer l’économie. Cela fait partie d’une politique de relance que t’expliquerai l’intérêt ci-dessous Mais pour revenir à mon caddie que je remplis à 30euros on parle de désinflation qu’il ne faut pas confondre avec la déflation. Cette baisse de prix concerne les biens de consommation de première nécessité. Mais si la baisse des prix concernait le prix de l’immobilier, les primes d’assurances et les prix des autres services, cela aurait été grave. Vas comprendre … Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne (BCE), a indiqué mardi 16 décembre, qu’il «ne voit pas encore» de tendances déflationnistes en zone euro. La tendance actuelle serait plus à la désinflation, c’est-à-dire en un simple ralentissement des prix à la consommation, qu’à la déflation, qui se caractérise par une baisse générale des prix mais aussi de la masse monétaire. Ouaouh… Permets moi cher cousin de te rappeler quelques définitions macro. La désinflation correspond à un ralentissement de la hausse des prix, ou de baisse du taux d’inflation. « … quelle charabia… ». Elle est donc caractérisée par un ralentissement du prix à la consommation. Cette notion de désinflation ou inflation négative se définit comme la baisse de l’inflation. L’inflation se mesure au moyen d’un indice des prix à la consommation. En France, l’INSEE choisit un certain nombre de produits consommés (266), il regarde l’évolution de leur prix exprimée sous la forme d’indices. Il fait une moyenne pondérée des indices de prix de différents produits consommés (la pondération correspond au poids de chaque produit dans la consommation totale d’un ménage, car tous les produits ne sont pas consommés dans les mêmes quantités, le taux d’inflation est le taux de variation de l’indice des prix entre 2 dates). La déflation : une période de déflation est une période où l’on assiste non seulement à une baisse des prix, mais aussi à une chute de la production et donc à une augmentation du chômage. Si la baisse des prix à la consommation s’accompagne d’une baisse de l’investissement et de la production, alors on parle de déflation. Qu’est ce que cela veut dire ? Cela veut dire qu’avec la baisse des prix, les entrepreneurs voient leurs profits se réduire, rendant la survie de l’entreprise problématique. Ils décident alors de baisser de nouveaux les prix pour vendre plus. Mais cette mesure a un impact sur les salaires, qui doivent être réduits, ou sur les licenciements qui vont être développés. L’économie entre alors dans un cercle vicieux : la production et la consommation se réduisent. Les entreprises licencient. Avec la hausse du chômage, la consommation se réduit de nouveau. Les entreprises, se faisant concurrence, baissent de nouveau leurs prix, et ainsi de suite. De plus, les consommateurs, anticipant une baisse des prix ont tendance à différer leurs achats, ce qui conduit à une réduction de la production. En deux mots, la déflation est une situation dans laquelle l’activité économique d’un pays se détériore de façon cumulative : la baisse des prix engendrant celle des revenus, laquelle engendre à son tour une baisse de la demande qui incite les producteurs à baisser leurs prix. Alors cher cousin, moi je dis que Monsieur Jean-Claude Trichet est bien gentil mais dire qu’on n’est pas encore en période déflation c’est un peu exagéré. Moi, depuis que la crise de subprime est passée par là, j’ai été licencié, mon ex-employeur a mis la clé sous la porte et s’est évaporé, ma femme, caissière à ED (ça fait trois ans qu’elle travaille chez ED) est convoquée et invitée à avoir de la perf, (performance) tous les jours avec ses collègues par sa direction et sont menacées de licenciement. Moi je pense que ça y est on est entré dans une période de déflation en tout cas moi… j’ y suis, je ne sais pas pour les autres. Peut être aussi, c’est un discours qui est fait pour rassurer… Il est vrai cher Momo que … … lorsqu’un pays entre en période de déflation, il est très difficile d’en sortir. Il a fallu plusieurs années au Japon pour voir le bout du tunnel (s’il l’a vu) après le krach boursier et immobilier de 1990. Les Etas-Unis ont traversé trois ans de galère, entre décembre 1929 et mars 1933, après la crise de 1929. Les prix, à cette époque, avaient baissé de 27% et l’emploi de 16%, les salaires avaient baissé près de 40%. C’est pourquoi, cher ami, on n’arrête plus de parler, depuis le krach de septembre 2008, de politique ou de plan de relance. Le plus célèbre des plans est le plan Paulson. Henri Paulson, Secrétaire d’Etat américain au Trésor est devenu célèbre (au point d’être classé en deuxième position, Homme de l’année, par le magasine Times, après OBAMA, bien sûr) . Son plan initial de relance ou plan de sauvetage de Wall Street a été baptisé TARP (=Troubled asset relief program). En second lieu, le 25 novembre, l’administration Bush a annoncé, de nouvelles mesures pour rétablir l'accès au crédit. En plus du TARP, un plan de 700 milliards de dollars (541 milliards d'euros) qui consistait surtout en une injection de capitaux publics dans les banques, a été approuvé. 800 autres milliards pourraient aussi être dégagés pour soulager les mêmes banques de leurs actifs immobiliers "toxiques" aujourd'hui dévalorisés et pour soutenir plus directement l'accès au crédit. Il faut se rappeler que depuis Septembre le gouvernement américain a nationalisé la plus grosse compagnie d’assurance AIG pour lui éviter le dépôt de bilan, comme ce fut le cas de Lehman Brothers. Et encore récemment, ce vendredi 19 décembre, 17,4 milliards de dollars du fonds Paulson vont être débloqués en faveur des constructeurs automobiles General Motors et Chrysler pour soutenir l’économie. Cette semaine, toujours dans cet objectif de relance, la réserve fédérale américaine (=la banque centrale des Etats-Unis communément désignée par la Fed) a baissé son taux d’intérêt et se trouve actuellement dans une fourchette entre 0 et 0,25. Dans le Jargon, on dit que la banque centrale "fait tourner la planche à billets pour débloquer le crédit". Mais après ces électrochocs, on espérait dans les milieux financiers que Wall street allait gagner quelques points, on espérait qu’à l’ouverture du marché français, ce 17 décembre, l’indice CAC 40, allait décoller. Mais c’est l’inverse qui s’est produit. … comme je te l’ai dit ci-haut parfois le marché financier sait être sourd… Il faut savoir qu’auparavant, la BCE, elle aussi de son coté, avait baissé son taux directeur à 2,5%. Les analystes estiment qu’elle pourrait baisser d’un demi point à un point en début 2009. D’autres s’étonnent tout de même, pourquoi elle n’a pas suivi directement la FED et baisser son taux directeur en zone euro. Quant au Japon, son taux directeur est proche de 0 il y a déjà 9ans Quel impact y a-t-il à la baisse des taux d’intérêt des banques centrales, me diras-tu ? Un taux d’intérêt proche de Zéro devait encourager les banques à emprunter pour prêter aux entreprises et aux particuliers. Cela, semble t-il, fait relancer la consommation. Donc relance l’économie. Je te renvoie à ton cours de macro que tu aimais tant. Au fait te souviens-tu des courbes IS-LM ? Bon courage… Toutefois, pour revenir à nos moutons, la frilosité des banquiers demeure. Les banquiers ne veulent toujours pas prêter de peur, peut-être, de retomber dans une nouvelle bulle spéculative de crédit. En tout cas, du coté du vieux continent, de G4 à G20, le président français Nicolas Sarkozy (3ème Homme de l’année) a réuni les grands de ce monde pour réfléchir sur des solutions à la crise en novembre dernier. Plusieurs initiatives ont été observées. Le G20 ou groupe de 20 pays les plus riches se sont réunis en novembre 2008, deux mois après le Krach de Wall street, et se sont promis « d’accroître leurs exigences en matière de transparence sur les produits financiers complexes ». Ils se sont promis aussi de rejeter le protectionnisme dans les 12 mois à venir, s’abstenir d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement et au commerce des biens et services. « Nous nous efforcerons de parvenir cette année à un accord sur des modalités conduisant à la conclusion de l’agenda pour le développement de DOHA de l’OMC avec un résultat ambitieux et équilibré ». Le libre échange et la mondialisation financière pourront se prévaloir de l’aval de gouvernements du reste du monde, et cela constituera une conclusion singulière – et certainement provisoire – de la tempête économique. On a beau critiqué Sarkozy, mais cet homme a la baraka, il continue à plaire. Son volontarisme plaît aux Français. Selon un sondage OpinionWay pour Le Figaro et LCI, trois mois après le début de la crise, 56 % des français estiment que le chef de l'État gère «très bien» et «assez bien» la crise. Cependant, loin des attentes du public, loin des 800 milliards de dollars du plan Paulson, SarkoZy Propose un plan à hauteur de 26 milliards d’euros. Mais, l’opinion estime d'ores et déjà que ce plan va permettre d'amortir le choc économique à venir. La philosophie du plan Sarkozy est un soutien à l'investissement et non directement la consommation, de quoi laisser perplexes bon nombre d'économistes qui estiment que l'accent aurait dû être davantage mis sur la consommation. Les mesures de soutien à l’économie française concernent essentiellement la revalorisation du minimum vieillesse, la création de 70 000 logements supplémentaires, les 4 milliards d'investissements dans les infrastructures et le doublement du prêt à taux zéro, la prime à la casse de 1 000 euros, le fonds d'aide à la restructuration de la filière automobile de 300 millions, et une prime de 200 euros qui sera versée en avril aux bénéficiaires du RSA Cher cousin, ce qui m’a fait le plus peur, c’est l’affaire Bernard Madoff. Ce courtier qui a su détourner plus de 50milliards de dollars, et cela depuis des années. J’ai pris peur quand l’AMF (Autorité des Marchés financiers) a annoncé que certains petits épargnants français seraient touchés par ce qui est qualifié de la plus grande arnaque du siècle. Je me suis dit : « ça y est mon livret A où l’on me vire mes allocations ASSEDICS doit être actuellement fermé ». Mais très rapidement, le Ministère français des Finances a rectifié en spécifiant que les produits concernés sont des OPCVM, produits à haut risque, détenus par des épargnants avertis. Oh les pauvres, je les plains. En ce qui me concerne, cette fois-ci, je suis épargné. Mes salutations à toute la famille, portez vous bien, vous tous Ton cousin résident en France (Lyon) J’ai compris que tu étais inquiet à l’idée de savoir que je réside dans un pays qui traverse une période de crise économique mondiale. Je me mets à ta place et je te comprends. Cette même inquiétude m’avait envahi au courant du premier semestre 2008 lorsque l’Afrique traversait une crise alimentaire mondiale avec la hausse des prix des denrées alimentaires de base,mais ne t’en fais pas pour moi, et pour cause …

17 décembre 2008

Les implications de la crise financière de 2008 sur les insitutions internationales

Introduction

La crise financière de 2008 est une crise essentiellement systémique.

Elle est marquée par une crise de liquidité interbancaire et une crise du crédit (credit crunch).
Elle a pris son origine dans « l’excès de confiance » des agents bancaires qui ont accordé des crédits immobiliers à des personnes moins solvables
au sens économique du terme. En d’autres termes, certaines banques américaines ont accordé des prêts hypothécaires à des ménages
aux revenus très modestes (les ” subprime “). Ces ménages ont pu acquérir des biens fonciers (terrains, logements), provoquant ainsi
une demande excessive, et faisant grimper les prix à l’excès. Ce n’est donc nullement pas, au départ, une bulle spéculative
immobilière, mais une bulle financière des crédits octroyés.

Ensuite le système s’est effondré : ces ménages emprunteurs, ayant contracté des prêts surévalués deviennent insolvables. Les biens immobiliers revendus ne recouvrent pas les créances. Le système bancaire va perdre de l’argent en revendant les maisons hypothéquées.

Par le phénomène de la mondialisation, les conséquences sévères du marché de l’immobilier et du crédit vont vite se répandre comme boule de neige sur toute la planète. Elles touchent particulièrement les pays riches. En décembre 2008 près de deux millions
d’américains ont perdu leur travail au cours de l’année, laissant prévoir les pires statistiques depuis 1945.
Le taux de chômage est le plus élevé depuis 15ans (6,7%). Les bourses européennes ont-elles aussi décroché.
Depuis septembre 2008, on a assisté à une chute vertigineuse des bourses du vieux continent.
En France, par exemple, La caisse des dépôts et Consignations, pierre angulaire des plans de soutien de l’Etat à l’économie,
est affectée elle aussi par le Krach boursier, et pourtant elle espérait courant novembre 2008 pouvoir annoncer des bénéfices de
quelques centaines de millions d’euros pour 2008. Mais qu’en est – il des institutions internationales, objets de notre étude ?
Nées à la suite de la crise économique de 1929, vont-elles survivre à celle de 2008 ? Quel impact cette crise aura-t-elle sur
les Institutions internationales ? Y’aura-t-il apparition de nouvelles institutions internationales ?

L’objet de cet article porte sur les implications de la crise financière de 2008 sur les institutions internationales.

Apparues à l’issue d’une crise aussi semblable, je vais évoquer, dans un premier temps, l’origine des institutions financières de
Brettons Woods, ensuite j’étudierai brièvement le rôle joué par les autres organisations celles de la coopération internationale,
et enfin je m’interrogerai sur les conséquences à venir sur le monde, et particulièrement sur les institutions de Bretton Wood


I. Première partie : L’origine des institutions de Bretton Woods

Le FMI et la Banque mondiale sont des institutions jumelles qui font partie du système des Nations Unies.
Elles poursuivent un même but : relever le niveau de vie des pays membres. Leurs approches à cet égard sont complémentaires :
le FMI s'efforce d'assurer la stabilité du système financier international et la Banque mondiale se consacre au développement économique à long terme et à la lutte contre la pauvreté.
C’est en 1944, le 22 juillet, qu’a pris fin la conférence de Bretton Woods.
La Banque mondiale et le Front Monétaire International naîtront à l’issu de cette conférence.

En effet, dès 1941, en pleine seconde guerre mondiale, que débutent l’élaboration et la discussion sur les institutions internationales à mettre en place une fois ce conflit majeur terminé. Au sein de l’administration américaine, Harry White remet en mai 1942 au président Franklin Roosevelt un plan intitulé « Plan pour un fonds de stabilisation des Nations unies et associées et d’une Banque des Nations unies pour la reconstruction et le développement ». Un de ses objectifs consiste à convaincre les nations alliées en lutte contre les puissances de l’Axe (Allemagne, Italie, Japon) qu’une fois la paix venue, des mécanismes devront être mis en place pour empêcher que l’économie mondiale n’entre à nouveau dans une dépression comparable à celle des années 1930. Les faits : Entre 1920 et 1930, les Etats-Unis furent touchés par une profonde dépression économique de plein fouet, avec un effet de contagion sur l’ensemble du capitalisme mondial : en 1931, l’Allemagne interrompt le remboursement de sa dette de guerre à l’égard de la France, de la Belgique, de l’Italie et de la Grande Bretagne. Dans la foulée, ces pays interrompent le remboursement de leur dette extérieure à l’égard des Etats-Unis. De leur côté, les Etats-Unis réduisent radicalement leurs exportations de capitaux en 1928 et surtout en 1931. Simultanément, ils diminuent fortement leurs importations. Conséquence : le flux de dollars des Etats-Unis vers le reste du monde se tarit, les pays endettés à l’égard de la première puissance mondiale ne disposent plus d’assez de dollars pour la rembourser. De même, les dollars leur manquent pour acheter les produits nord-américains. La machine capitaliste mondiale se grippe. Les dévaluations compétitives se multiplient car chaque pays essaye de conquérir des parts de marchés aux dépens des autres. Le monde capitaliste développé s’installe dans une spirale récessive. Une des leçons tirées par le gouvernement des Etats-Unis sous Franklin Roosevelt, c’est qu’un grand pays créancier doit mettre à la disposition des pays débiteurs les devises qui leur serviront à payer leurs dettes. Une autre leçon, audacieuse celle-là, c’est que dans certains cas, il est préférable de faire des dons plutôt que des prêts si un Etat veut que ses industries exportatricestirent un profit maximum et durable.

  1. Les discussions au sein de l’administration Roosevelt

    Dès 1942, l’administration Roosevelt discute activement de l’ordre économique et financier à établir dans l’après-guerre.
    Certaines idées reviennent régulièrement sur la table en matière de dette et de mouvements de capitaux :
    il faut mettre en place des institutions publiques multilatérales qui, face au caractère aléatoire de l’investissement
    international privé, fournissent des capitaux publics. Ces institutions devraient “réglementer les investissements internationaux de
    capitaux privés en prévoyant des possibilités judiciaires et d’arbitrage pour le règlement des différends entre créanciers et
    débiteurs et pour écarter le danger de l’utilisation par les pays créanciers de leurs revendications comme base pour des exigences
    politiques, économiques ou militaires ou illégitimes. » (extrait d’un mémorandum du Conseil des relations étrangères daté du
    1er avril 1942).

  2. Premier projet très ambitieux celui d’Harry White
    Comme indiqué plus haut, Harry White travaille dès 1941 au sein du département du Trésor à l’élaboration d’un plan visant à
    la mise en place de deux grandes institutions multilatérales. Franklin Roosevelt reçoit un premier plan en mai 1942 selon lequel
    il ne faut pas attendre la fin de la guerre pour créer un Fonds de stabilisation des taux de changes (le futur Fonds monétaire
    international) et une Banque internationale pour fournir des capitaux. Il précise : « Deux agences séparées, bien que liées,
    vaudraient mieux qu’une, car une agence s’occupant des deux tâches aurait trop de pouvoir et ferait courir le risque de trop grandes
    erreurs de jugement ». Le Fonds et la Banque devraient rassembler toutes les nations, en commençant par les alliés.
    Le poids relatif de chaque nation membre serait fonction de son poids économique. Les pays emprunteurs devraient faire partie de
    la Banque car cela les motiverait à rembourser. Les deux institutions devraient favoriser des politiques garantissant le plein emploi.
    Le Fonds devrait œuvrer à la stabilité des taux de change, l’abandon progressif des contrôles sur les changes et l’abandon des
    subsides aux exportations. La Banque, elle, devrait fournir des capitaux pour la reconstruction des pays affectés par la guerre et
    pour le développement des régions arriérées ; elle devrait aider à stabiliser les prix des matières premières. La Banque devrait
    prêter des capitaux à partir de son capital propre et disposer de sa propre monnaie : l’unitas. Le projet ambitieux tel que conçu
    par Harry White est profondément revu à la baisse au cours des deux années qui suivent. En effet, Wall Street et le parti
    républicain sont particulièrement hostiles à plusieurs éléments fondamentaux du projet White. Ils ne veulent pas de deux institutions
    publiques fortes qui prétendraient réglementer la circulation des capitaux privés et les concurrenceraient. Franklin Roosevelt
    décide de composer avec eux, ce qui permet de garantir en bout de course que le Congrès ratifie à une large majorité, en 1945, les accords de Bretton Woods de juillet 1944. Les concessions faites par Franklin Roosevelt sont considérables au point qu’elles
    dénaturent le projet original. Et pourtant, Wall Street attendra 1947 avant d’appuyer vraiment la Banque et le Fonds.


En dehors de ces deux institutions, on peut aussi étudier les institutions de coopération internationale


II. Deuxième partie : les organisations de coopération internationale


La perte d'autonomie des politiques économiques nationales pousse les Etats à tenter de mettre en place une coopération internationale
visant entre autre à redéfinir le mode de régulation de l'économie mondiale, soit au travers d'institutions internationales,
soit grâce à une meilleur coordination des politiques nationales. Cette coordination des politiques internationales permettrait
alors d'éviter que les risques systémiques ne s'aggravent dans un monde qui est de plus en plus sensible au déclenchement et à
la diffusion de crises financières et économiques.



  1. L'essor des institutions internationales
    Suite à la première guerre mondiale, un certain nombre d'institutions internationales ont vu le jour.
    Ces dernières années sont caractérisées soit par l'accroissement du rôle joué par ces organismes dans la régulation du fonctionnement
    de l'économie mondiale, soit par une redéfinition de leur mission et de leur mode de fonctionnement pour tenir compte des mutations
    du système financier et économique.
    Ces institutions, parfois décriées pour leurs orientations moins libérales ont pris récemment de l'importance du fait notamment de
    leur intervention dans la résolution des différentes crises ayant secouées l'économie mondiale au cours de ces dernières années.

  2. Les principales institutions internationales :

    • L'Organisation des Nations unies (ONU) est une organisation internationale dont la coopération dans les domaines du droit international, la sécurité internationale, le développement économique,
      le progrès social et les Droits de l'Homme. L'ONU est fondée en 1945 en remplacement de la Société des Nations (SDN),
      pour mettre fin aux guerres entre les pays et pour fournir une plateforme de dialogue.

    • L’Union européenne (UE) correspond à une organisation internationale d’intégration.
      Elle se distingue des organisations de coopération (qui respectent la souveraineté des Etats) par le fait qu’elle repose sur des transferts de souveraineté au profit des institutions de l’Union. Ces prérogatives transférées font de l’UE une véritable structure supranationale

    • L'Organisation mondiale du commerce (OMC, ou World Trade Organization, WTO) est une organisation internationale qui
      s'occupe des règles régissant le commerce international entre les pays. Au cœur de l'organisation se trouvent les Accords del'OMC, négociés et signés à Marrakech par la majeure partie des puissances commerciales du monde et ratifiés par leurs parlements. Le but est d'aider, par la réduction d'obstacles au libre-échange, les producteurs de marchandises et de services, les exportateurs et les importateurs à mener leurs activités. L'OMC a succédé au GATT en 1995 et regroupe plus de 130 pays.
      Le principal acquis de l'OMC est qu'elle dispose d'un système de règlement des désaccords commerciaux pouvant apparaître entre
      certain de ces pays membres.

    • L’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO en anglais : Food and Agriculture Organization
      of the United Nations) est une organisation spécialisée du système des Nations unies, créée en 1945 au Québec.
      Son siège est à Rome depuis 1951. La FAO regroupe 190 membres (189 États plus l’Union européenne).
      Son objectif suprême affiché est « Aider à construire un monde libéré de la faim ».

    • L'Institut de relations internationales et stratégiques est un centre de recherche français en relations internationales
      qui s'intéresse tout particulièrement aux questions relatives à la politique étrangère, la stratégie, la sécurité et la défense.

    • Créée en 1959, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE, en anglais OECD : est une organisation internationale
      d'études économiques, dont les pays membres, principalement des pays développés, ont en commun un système de gouvernement
      démocratique et une économie de marché. Elle joue essentiellement un rôle d'assemblée consultative.
      L'OCDE a succédé à l'Organisation européenne de coopération économique (OECE) qui a existé de 1948 à 1960 et qui a joué un rôle
      important dans l'exécution du plan Marshall. En 2007, l'OCDE compte 30 pays membres, regroupe plusieurs centaines d'experts
      dans ses centres de recherche à Paris et publie fréquemment des études économiques — analyses, prévisions et recommandations
      de politique économique — et des statistiques, principalement concernant ses pays membres.

    • Le rôle de l'OCDE est devenu au fil du temps un acteur incontournable de cette concertation internationale puisque cet organisme,
      d'essence libérale, regroupant l'essentiel des pays développés (Pays d'Europe de l'Ouest, Etats-Unis, Canada, Japon, Australie
      et Nouvelle-Zélande) procède à l'évaluation de la situation économique tant conjoncturelle que structurelle de ses pays membres
      à partir de laquelle il va émettre un certain nombre de propositions visant à améliorer la situation existante.
      Afin de tenir compte du développement économique rapide d'un certain nombre de pays en voie de développement,
      l’OCDE compte depuis peu, parmi ses membres, le Mexique (1993), la République Tchèque et la Hongrie (1995) ainsi que la Corée
      du Sud (1996).
    • Le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD) Le PNUD est le réseau mondial de développement dont dispose
      le système des Nations Unies. Il prône le changement, et relie les pays aux connaissances, expériences et ressources dont
      leurs populations ont besoin pour améliorer leur vie.

    • L’Organisation mondiale de la santé (ou OMS), spécialisée de l'ONU pour la santé. Elle dépend directement du Conseil économique
      et social des Nations unies et son siège se situe à Genève, en Suisse.

    • L'UNICEF est chargé par l'Assemblée générale des Nations Unies, de défendre les droits des enfants, d'aider à répondre à
      leurs besoins essentiels et de favoriser leur plein épanouissement. L'UNICEF est l'élément moteur qui aide à construire
      un monde où les droits de chaque enfant seront réalisés.

    • L'Organisation Mondiale du Tourisme (OMT) est un organisme connexe des Nations Unies destiné à promouvoir et développer le tourisme.

    • L’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (ou Unesco) est une institution spécialisée du
      Système des Nations Unies créée le 16 novembre 1945.

    • Le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD) est une coalition, créée en 1995, de 190 compagnies
      internationales unies par un engagement commun de développement durable à travers les trois piliers de la croissance
      économique, de l'équilibre écologique, et du progrès social.

    • ...etc.


  3. La coordination des politiques économiques

    En plus de ces organismes internationaux, qui sont intervenus de plus en plus ces dernières années pour faire face à
    la multiplication des crises financières de certains pays, il apparaît de plus en plus nécessaire de prévenir l'apparition de ces
    dysfonctionnements en accentuant la coordination internationale des politiques économiques. L'interdépendance croissante des
    économies pousse les décideurs à se concerter soit dans un cadre formel, soit au travers de groupes de réunion organisés périodiquement
    entre un certain nombre de pays.


En effet, en parallèle à ces instances de concertation, des réunions informelles réunissent régulièrement un certain nombre de pays.
A l'occasion de ces réunions, les pays participants abordent la situation économique conjoncturelle et mettent en place des concertations portant sur différents domaines relevant de la régulation de l'économie mondiale. Le G7, regroupant les principaux pays développés du monde s'est progressivement élargi à un certain nombre de pays, d'une part pour ne pas être accusé de constituer une sorte de "directoire mondial" cherchant uniquement à favoriser les intérêts de ces pays membres, et d'autre part, pour tenir compte de l'arrivée de nouveaux acteurs de poids dans la nouvelle division internationale du travail. G7, G8 voire G20, ces forums de discussions sont en train de devenir de véritables lieux de concertation qui permettent une meilleure coordination
des politiques économiques.

  • Le G20 ou groupe de 20 pays les plus riches

    En novembre 2008, deux mois après le Krach de Wall street les pays du G20 se sont promis « d’accroître leurs exigences en matière
    de transparence sur les produits financiers complexes ». Ils se sont promis aussi de rejeter le protectionnisme dans les 12 mois à
    venir, s’abstenir d’ériger de nouvelles barrières à l’investissement et au commerce des biens et services.
    « Nous nous efforcerons de parvenir cette année à un accord sur des modalités conduisant à la conclusion de l’agenda pour
    le développement de DOHA de l’OMC avec un résultat ambitieux et équilibré ». Le libre échange et la mondialisation financière
    pourront se prévaloir de l’aval de gouvernements du reste du monde, et cela constituera une conclusion singulière –
    et certainement provisoire – de la tempête économique.



III. Les implications de la crise


  1. L’impact de la crise sur les trois groupes des pays



    1. La crise financière et les pays industrialisés

      Ce qui caractérise les économies industrialisées modernes dans le nouveau capitalisme sont des économies de crédit.
      D’une part, les entreprises de production financent essentiellement sur crédits bancaires leurs cycles d’investissement et d’exploitation ; d’autre part, les ménages eux-mêmes ont de plus en plus recours au crédit pour financer leur consommation, au point qu’un grand nombre d’entre eux se trouvent surendettés. Si dans le cas des entreprises et pour ce qui est du cycle investissement, le recours au crédit paraît naturel en raison même de l’importance des fonds à mobiliser, il est déjà plus problématique pour elles de recourir plus que de raison au crédit bancaire pour le financement de leur cycle d’exploitation. En situation de détérioration de leur trésorerie pouvant résulter de nombreux facteurs, les entreprises n’ont d’autre choix que de recourir davantage encore au crédit à court (voire à très court) terme – évidemment très coûteux – pour faire face à leurs
      engagements pressants.
      Lorsque la crise financière s’installe, les entreprises sont encore plus exposées au risque de raréfaction du crédit et à l’augmentation de son coût, ce qui les place devant la nécessité de réduire leurs charges – y compris en limitant leur activité productive en mettant au chômage technique une partie de leurs salariés – pour finir par déposer leur bilan afin d’éviter d’avoir à honorer leurs engagements les plus immédiats. Mais c’est en reportant leur programme d’investissement (de renouvellement ou d’extension) – voire en y renonçant – que les entreprises transmettent in fine à l’ensemble des économies industrialisées leurs difficultés, celle-ci entrant alors en récession ouverte. Quant au crédit à la consommation, plus qu’une simple commodité, il renvoie en fait à la faiblesse de la part des revenus salariaux.
      Quand le crédit se resserre, la consommation fléchit et les prémices d’une surproduction apparaissent pour transformer la crise financière en une récession durable, voire en une dépression de grande ampleur. La contraction de la demande en biens de consommation ne manquera pas de se répercuter sur l’investissement et donc sur l’emploi. De fait, c’est bien ce qui se produit en ce moment même (4ème trimestre 2008) aux Etats-Unis et en Europe où de grands constructeurs automobiles envisagent de réduire leur production, de fermer temporairement des usines ou de reporter des investissements programmés, tandis qu’un nombre impressionnant de PME mettent la clé sous la porte sous la pression des évènements. Bien évidemment, c’est sur les salariés que l’essentiel des difficultés va s’abattre tant en raison de ces fermetures d’usines que de la restructuration des systèmes productifs qui s’ensuivront (y compris sous forme de délocalisation d’industries).


    2. Crise financière et pays émergents

      La principale caractéristique des pays dits émergents est de réaliser des taux de croissance élevés, expression à la fois d’un développement accéléré mais retardataire de leur industrie. Durant la décennie 1990, caractérisée par ce que les économistes de
      la Banque mondiale et du FMI ont appelé l’intégration financière internationale, la plupart de ces pays avait d’abord bénéficié d’un afflux de capitaux étrangers venus accroître les capacités propres de financement de leurs économies (épargne domestique). Ces capitaux se sont révélés particulièrement volatils en raison de leur caractère spéculatif et se sont retirés aussi vite qu’ils ont afflué dès que sont apparues les prémices d’un décalage entre les capacités d’absorption de l’économie réelle (limitées) et les capacités de financement ainsi accumulées. Ainsi, si la crise financière actuelle devait se propager jusqu’aux pays émergents, ce serait moins en raison d’une position extérieure nette négative (engagements supérieurs aux avoirs) comme ce fut le cas au cours de la décennie 1990, que d’une position extérieure nette positive (avoirs supérieurs aux engagements). C’est du moins le cas pour les pays de l’Asie du Sud-Est et de la Russie pour ne rien dire de la Chine, nouveau venu sur la scène économique mondiale.
      La récession viendrait moins, pour eux, de la dévalorisation de leurs avoirs à l’extérieur par le double effet de la dépréciation du dollar et de la dévalorisation du capital des fonds d’investissement dans lesquels ils ont placé leurs excédents d’épargne, que de la perte des marchés extérieurs consécutive à la contraction de la demande externe en provenance des Etats-Unis et de l’Europe. Toutefois, les pays émergents ont un atout qui devrait limiter, voire éliminer les effets de la crise financière mondiale sur leurs économies : c’est le formidable potentiel de demande que constitue leur propre population.


    3. La crise financière et les pays en voie de développement

      Toute autre est la situation des pays sous-développés. Certains, à l’exemple des pays pétroliers, ont des revenus considérables qu’ils ne trouvent pas à employer autrement qu’en les plaçant en bons du trésor américain ou dans les fonds d’investissement qui entretiennent la spéculation sur les marchés financiers ; d’autres, dépourvus de ressources, sont dans un état de dénuement tel qu’ils dépendent en partie de l’aide alimentaire internationale, en partie de l’aide financière des organismes multilatéraux (FMI, Banque mondiale, Union européenne). Les premiers seront doublement touchés par la crise financière internationale actuelle en raison tant de la dépréciation du dollar (monnaie des règlements internationaux et monnaie de réserve à l’échelle mondiale) que de la perte partielle de leurs réserves de change placées dans des fonds d’investissement. Les seconds verront l’aide alimentaire et l’aide financière diminuer tant en raison de l’assèchement des ressources financières des donateurs, que de la contraction des excédents d’offre des pays industrialisés qui alimentent l’aide. En l’absence d’une offre domestique à hauteur de la demande interne potentiellement extensive ces pays connaîtront sans doute des tensions sociales d’autant plus graves au cours des mois – voire des années– à venir.


  2. Va-t-on vers une refonte totale des institutions internationales ?

    Dans un contexte de crises financière, climatique et alimentaire sans précédent, à la veille du sommet du G20 tenu le 15 novembre à Washington, les représentants des 10 000 ONG de 82 pays ont organisé pour la première fois un Forum international des coalitions nationales d’ONG. A cette occasion, les participants ont appelé l’Europe à défendre une réforme de la gouvernance mondiale qui soit au service des populations les plus vulnérables. Dans leurs « Messages du monde à l’Union européenne », les ONG appellent l’UE à revoir l’ensemble de ses politiques commerciales, agricoles, environnementales et économiques afin qu’elles contribuent à un véritable développement durable, au nord comme au sud, et à la lutte contre les inégalités
    Réunis à Paris le jeudi 30 octobre, à l’appel de Coordination SUD, la coordination nationale des ONG françaises de solidarité internationale, les représentants de 10 000 ONG ont remis à M. Joyandet, Secrétaire d’Etat à la Coopération et à la Francophonie, une feuille de route pour une Europe solidaire & responsable dans les négociations internationales. A l’heure où les Etats s’interrogent sur la nécessité de réguler la mondialisation par une réforme des institutions financières internationales (Banque mondiale, Fond Monétaire International, etc.), les ONG du monde appellent l’Europe à garantir une participation réelle des pays les plus pauvres dans les instances internationales. Henri Rouillé d’Orfeuil, président de Coordination SUD, propose « la mise en place d’un cahier des charges social, environnemental et culturel susceptible d’encadrer les stratégies des acteurs économiques lors des discussions sur la refonte des institutions internationales». Bakary Doumbia, président de la FECONG (Plate-forme des ONG du Mali), fait remarquer que « La coopération au développement européenne privilégie la lutte contre l’immigration illégale, la promotion des intérêts des entreprises européennes et la lutte contre le terrorisme, au lieu de renforcer les politiques d’éducation, de santé et d’égalité entre les hommes et les femmes. ». Quant à Pour Mike Mathias, président du forum politique de CONCORD (Confédération européenne des ONG d’urgence et de développement), « le modèle européen de développement doit être remis à plat. La planète ne peut pas assumer le mode de consommation des classes aisées mondiales. Ce modèle basé sur la seule croissance économique ne permet pas de mieux répartir les richesses. »



Nous n’oublierons pas que Harry White a stipulé dans ses propositions à Franklin Roosevelt, recommandant la constitution de la BIRD et le FMI, que « Le poids relatif de chaque nation membre serait fonction de son poids économique ».





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