25 juin 2013

Le président de l'Union des Comores, Mr Ikililou Dhoinine reçu à l'Élysée.

Le vendredi 21 juin, le président de l'Union des Comores, Monsieur Ikililou Dhoinine a été reçu à l'Élysée par son homologue le Président français François Hollande. Ci-après la déclaration signée par les deux parties à l'issue de la rencontre.
Bonne lecture. 

Déclaration de Paris sur l'Amitié et la Coopération entre la France et les Comores
Paris, 21 juin 2013
 
Déterminées à promouvoir l'amitié des peuples dans le respect de la Charte des Nations Unies, la France et les Comores, qui partagent une longue histoire, souhaitent ouvrir un nouveau chapitre de leurs relations.

Un différend, apparu depuis l'accession des Comores à la souveraineté en vertu des principes universels de la Charte des Nations Unies, et des normes internationales relatives à l'accession à l'indépendance des anciennes colonies, a affecté les relations historiques entre les deux pays.
La France et les Comores considèrent que le moment est maintenant venu de refonder les liens historiques et étroits qui les unissent et de donner une nouvelle impulsion aux relations bilatérales afin de répondre aux aspirations des deux peuples.
Les deux signataires doivent pour cela, intégrer le passé dans une dynamique constructive pour rechercher ensemble, avec lucidité et objectivité, une voie originale permettant de construire une relation rénovée tournée vers l'avenir.
Cette volonté commune s'inscrit dans le respect des principes universels du droit international et des intérêts respectifs des deux pays, notamment la recherche pragmatique, dans un cadre bilatéral privilégié et concerté, de l'approfondissement de la coopération.

Les deux signataires ont décidé de développer un partenariat stratégique, exemplaire et ambitieux, qui devra inclure toutes les dimensions de leur relation et aura vocation à se développer rapidement dans tous les domaines.
La France et les Comores déclarent leur intention de coopérer comme suit :
I. Dialogue politique

La France et les Comores décident de renforcer leurs échanges au niveau approprié sur les questions internationales et régionales et sur toutes autres questions d'intérêt commun.
Elles souhaitent ainsi trouver ensemble des réponses adaptées aux défis d'un monde en profonde mutation. Elles considèrent qu'elles ont, chacune, des atouts qu'elles peuvent valoriser dans le cadre d'un dialogue politique confiant et approfondi.

Dans cette perspective, il sera mis en place un « Haut Conseil Paritaire » pour mettre en œuvre et suivre les orientations définies par la présente déclaration. Il sera notamment chargé de préciser les principaux axes de coopération, de définir un calendrier et de proposer les actions concrètes participant à un développement harmonisé, au rapprochement et à la prospérité des quatre îles. Ce haut conseil paritaire tiendra sa première réunion d'ici la fin de l'année 2013. Il se réunira ensuite à intervalles réguliers selon les modalités à définir ultérieurement.
II. Coopération bilatérale et régionale

La France et les Comores ont développé au fil des années une coopération étroite dans de nombreux domaines.

Soucieux de poursuivre ces échanges, et de les intensifier, les deux signataires élaborent conjointement un document-cadre définissant les axes et les priorités de leur coopération pour la période 2015-2020. Ce document-cadre ne sera pas exclusif d'autres formes de coopération que les deux signataires pourraient décider d'un commun accord.

Les deux signataires estiment que l'identité géographique, sociale et culturelle des quatre îles doit permettre de faciliter leur insertion régionale, sur la base de relation de confiance et d'un dialogue renouvelé.

La France et les Comores sont désireuses de développer les liens entre les populations des quatre îles à travers un rapprochement entre leurs sociétés civiles et leurs opérateurs économiques. Elles entendent notamment mettre en place toutes les facilités tendant à promouvoir et à encourager les initiatives permettant une meilleure connaissance réciproque de leurs jeunesses.
III. Coopération économique

La France et les Comores entendent jouer un rôle central dans la construction d'un espace du sud-ouest de l'océan Indien, de paix et de sécurité, de droit et de démocratie, de justice et de liberté, de développement et de prospérité.

L'une et l'autre donneront un nouvel élan à leurs relations économiques, notamment au travers du développement de la coopération régionale. Dans ce but, elles entendent favoriser une relance de leurs échanges économiques et encourager le développement des investissements entre leurs entreprises.

Cette relance devrait être mutuellement bénéfique et se traduire par le développement de l'investissement et la préservation ou la création d'emplois sur leur territoire respectif. Les opérateurs économiques, y compris les Comoriens établis en France et les Français établis aux Comores seront étroitement associés à sa définition et au suivi de sa mise en œuvre.

IV. Dimension humaine

Les échanges humains qui témoignent des liens naturels entre les quatre îles, historiques et étroits entre la France et les Comores, représentent une richesse incomparable pour chacune d'elles et chacun d'eux.

Dans cette perspective, la France et les Comores s'efforceront, dans le respect de leurs positions respectives, de répondre aux préoccupations exprimées en matière de circulation des personnes et des biens entre les quatre îles.

Les deux signataires estiment que la circulation des biens et des personnes contribue au rapprochement des populations et qu'une maîtrise concertée de cette circulation constitue un facteur de stabilité de l'archipel et de développement économique, social et culturel.

Afin d'éviter les drames humains qui se produisent au large des quatre îles, les deux signataires sont déterminés à prendre toutes les mesures appropriées, notamment en matière de coopération et d'opérations conjointes nécessaires à la sécurité maritime.

François HOLLANDE
Président de la République Française
ET
Ikililou DHOININE Président
de l'Union des Comores


24 mai 2013

Madagascar fait dos à la démocratie

A Madagascar, la candidature d’Andry Rajoelina divise la classe politique Elle perturbe la sortie de crise de la Grande île. Si lui ou Mme Lalao Ravalomanana (la femme de Marc Ravalomanana) ou encore Didier Ratsiraka devait être élu à la prochaine élection présidentielle prévue pour le 24 juillet prochain, il mettra Madagascar à dos des institutions internationales.

En effet, à l’instar de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), l’Union Africaine requiert  une « action de sauvetage du processus électoral » à Madagascar. Elle rappelle l'un des principes contenus dans la Charte de la démocratie : « toute personne ayant contribué à un changement anticonstitutionnel de gouvernement ne peut participer aux élections ». L’union européenne a, elle aussi exprimé, « sa préoccupation ».

Le conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’UA estime en effet très regrettable qu’Andry Rajoelina n’ait pas honoré son engagement solennel à ne pas se présenter à l’élection présidentielle car il s’expose à toutes les sanctions. Il feint d’ignorer les dispositions de l’article 25 (4) de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance et « le paragraphe 6 (i) de la décision Assembly/AU/Dec.269(XIV) Rev.1 adoptée par la 14ème session ordinaire de la Conférence de l’Union tenue à Addis Abéba, du 31 janvier au 2 février 2010, qui stipulent que les auteurs d’un changement anticonstitutionnel de Gouvernement ne peuvent pas participer aux élections organisées pour la restauration de l’ordre constitutionnel. Ils ne doivent pas, non plus occuper des postes de responsabilité dans les institutions politiques de leur État.

La Cour électorale spéciale (CES) qui a validé la candidature d’Andry Rajoelina et des deux autres personnalités – en l’occurrence Lalao Ravalomanana et Didier Ratsiraka – est elle aussi pointée du doigt, pour ne pas dire condamnée par le CPS de l’UA. Le Conseil est persuadé que la CES a pris une mauvaise décision en validant des candidatures illégitimes. Pire, il estime que « cette décision viole le droit interne de Madagascar applicable en l’espèce ». Dans un communiqué en date du 20 mai dernier, le porte-parole du SG de l’ONU condamne la candidature de ces trois personnalités.

Le Secrétaire Général  de l’ONU Ban ki moon estime que la validation de ces candidatures par la Cour électorale spéciale est une violation de l’esprit de la feuille de route. Le porte-parole du Secrétariat des Nations unies précise que l’appui des Nations Unies au processus électoral est conditionné par la totale adhésion de toutes les parties à la feuille de route qui est l’unique cadre pour la restauration de l’entière légitimité du gouvernement de Madagascar. En d’autres termes, l’ONU met en jeu également la reconnaissance du gouvernement de transition issu de la feuille de route en plus du fait qu’il peut suspendre lui aussi son financement du processus.

 Le Secrétaire général de la Francophonie appelle tous les acteurs de la crise malgache à revenir sur l’application de la Feuille de route. Il leur demande de respecter la lettre et l’esprit de leurs engagements. Il appuie la demande de la troïka de l’Organe de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) exprimée le 10 mai dernier pour un retrait des candidatures de Andry Rajoelina, de l’ancien Président Didier Ratsiraka, et de Mme Lalao Ravalomanana. Il partage également l’appel lancé par le Conseil de Paix et Sécurité de l’Union Africaine lors de sa réunion du 16 mai 2013 pour trouver une solution à la crise.

En tout cas, le CPS de l’UA réitère ses multiples appels aux parties malgaches à faire preuve d’esprit de responsabilité et à prendre des mesures contre tous ceux qui tenteraient de saper la feuille de route et d’entraver les efforts en cours pour des élections crédibles, justes, transparentes et acceptées par tous.

Au vu de toutes ces condamnations les malgaches peuvent-il organiser des élections présidentielles au risque de voir tous les efforts consentis pour sortir d’une crise politique qui ronge le pays depuis plusieurs années en une nouvelle crise devant plonger le pays dans le K.O. ? Andry Rajoelina, le président de la transition, semble ne pas y croire comme beaucoup que le scrutin ne pourra pas avoir lieu le 24 juillet.

Affaire à suivre …

Mbouss Ali ISMAÏL
Saïd Hamidou ALLAOUI

13 mai 2013

Pourquoi apprend-on l’histoire à l’école ?

Le Gouverneur Mouigni Baraka accumule les erreurs
Malheureusement, l’histoire de notre propre pays ne nous a pas été suffisamment enseignée à l’école. Le bon sens veut cependant que l’on cherche à  s’en approprier à travers les bibliothèques ambulants encore en vie actuellement ou consulter les quelques éditions qui y font référence dans les différentes librairies si l’on veut exercer les plus hautes fonctions de l’Etat. 

Les comoriens de NGAZIDJA, s’attendaient à l’instauration des communes au cours de cette année 2013. Ils espéraient procéder à des élections municipales afin de désigner leurs premiers administrateurs. C’était sans compter sur la mauvaise volonté du Gouverneur Mouigni BARAKA. Lui, a choisi d’imposer par délégations spéciales les Maires et adjoints  aux Maires. Par la même procédure il a décidé, par affinité politique d’installer les Hôtels des communes à des emplacements selon ses convenances. 

Procéder à des élections municipales aurait été la solution alternative devant éviter les altercations que nous vivons actuellement et celles qui sont en filigrane. Désigner un Maire par une voie autre que celle des urnes, décider de l’emplacement des hôtels de villes  autrement que par voie démocratique ne pouvait qu’amener à des affrontements. Aussi, nous savons tous que notre orgueil vis-à-vis du voisin a toujours été le point d’achoppement, motif des différentes guerres dans l’histoire. Ces guerres fratricides ont longtemps opposé nos ancêtres, des années durant, depuis les temps des ‘’Bedja’’.
Ainsi, l’installation de délégations spéciales  des mairies et  les  problèmes s’y afférents par le Gouverneur Mouigni Baraka est une erreur politique pour ne pas dire une preuve d’incompétence. Cela amène aujourd’hui des affrontements physiques, politiques et économiques en Grande Comore, nous n’en avions pas besoin : depuis la mise en place de la procédure, les  communautés  s’entre-tuent (Deux jeunes hommes sont poignardés, un d’eux se trouve actuellement entre la vie et la mort), des maisons sont incendiées d’autres détruites y compris des institutions nationales comme les guichets de proximité de la  Société Nationale des Postes et Services Financiers (SNPSF). Quels dommages.

Aussi, personne ne renie les apports du programme de coopération décentralisée (PCD).  Toutefois, ce projet, à travers son volet « Développement local » n’a pas tenu compte des réalités comoriennes, de la sociologie comorienne et surtout de notre histoire. Le volet développement local du PCD, devait progressivement se matérialiser à travers des nouvelles échelles administratives et politiques en intégrant les communes, les régions, ... etc. Les autorités qui ont donné cette orientation, accompagnés des experts du PCD ont omis volontairement d’effectuer un découpage en intégrant d’abord la plus petite entité de la commune c’est à dire le village, or sans cette petite entité, la commune ne peut être constituée. Ils ont privilégié – peut-être à raison – un découpage en privilégiant des groupements d’intérêts économiques et en omettant ou en minimisant les considérations sociologiques. Doit-on rappeler qu’avant de construire les moudiriyas, le Président Ali Soilih avait commencé à structurer les villages à travers les comités, les « IKAWO SHA MDJI » ou le projet « DUKA LA MDJI » etc…. Donc le village était structuré et administré. Et cela a contribué à calmer les rivalités des uns et des autres dans nos villages.
Il faut prendre conscience que l’histoire de la population de notre pays est  faite des rivalités (des conflits, de bataille de guerre fratricides) entre villes et villages, entre villages voisins entre régions, … . Chacune de ces structures s’est toujours considérée comme étant le centre d’intérêt par rapport à ses voisins.  Octroyer une importance particulière à un village plutôt qu’à un autre sans le consentement de tous, amènera indiscutablement à des problèmes tôt ou tard puisque nous ne pansons jamais nos blessures. Cela nous renvoie à la célèbre formule : TSI SWAMIHI SHA NDJA DIWAZA. Ce qui veut dire textuellement, à la moindre occasion je me vengerai.
Comment va-t-on asseoir pour le long terme sur le même banc, Hantsindzi – Chezani, Mdé – Vouvouni, Tsidjé – Salimani, Hetsa – Singani, aujourd’hui Mdjoiezi – Singani ou encore Sambankuni et Wellah avec Dzahani2, etc….. C’est un travail de longue haleine qui doit être entamé. On ne peut pas apaiser ces rivalités et ces relations difficiles par un simple décret.

C’est la raison pour laquelle, au titre du président du Club de Réflexion ULEZI, je propose plutôt d’instaurer des communautés de communes par la voie démocratique, en s’inspirant des moudiriyas d’Ali Soilih. Chaque commune (ici, je désigne le mot commune l’entité village) est autonome et gère ses propres affaires et ces communes se rejoignent à travers une structure beaucoup grande, qu’on désignerait la communauté des Communes.
Cette structure gérerait les affaires du département.
                                                                                      
  HAZI – HAKI - MAYENDELEYO

                                                                                                                           

François Hollande en contradiction avec la loi OKUN

Contrairement aux déclarations de François Hollande, Président de la république Français, la courbe du chômage ne va pas s’inverser de manière durable à la fin de l’année 2013, et il le sait. Les français et les résidents français en situation de demandeurs d'emploi vont devoir encore s'armer de patience.

En effet, toute estimation confondue, quelque soit l’institution (Union européenne, FMI,  Banque mondiale, Banque de France, l’INSEE ou même le ministère français de l’économie, etc…), aucune prévision de la croissance n’atteint les 1,9 %, seuil au-delà duquel l’économie française pourrait réduire de la même  élasticité le taux de chômage. Le ministre de l'Economie et des Finances Pierre Moscovici, dans ses prévisions les plus optimistes table sur une croissance économique de  +0,1% en 2013. Il prévoit une embellie les deux années à venir : 1,2% de croissance en 2014 et 2% en 2015.

Or, la loi d’Okun établit une relation entre le taux de croissance (PIB) et la variation du taux de chômage. Elle stipule, qu’en France, il faut que la croissance du PIB soit supérieure à +1,9 % pour que le chômage baisse de manière durable. Nous sommes loin du compte. CQFD.

Saïd Hamidou ALLAOUI
Président du Club ULEZI



30 novembre 2012

Les assises de Mouigni Baraka à Dunkerque


Les raisons pour lesquelles je me lève contre les assises de Mouigni Baraka
(publié dans la Gazette des Comores )


Les 24 et 25 novembre derniers se sont tenues les assises de Dunkerque sous la présidence du Gouverneur Mouigni Baraka. Les langues se sont déliées depuis l’annonce de ces assises notamment sur Internet à cause des sommes colossales qui ont été utilisées pour des rencontres de quelq
ues heures. Comme beau nombre des comoriens de la diaspora, mon avis est très nuancé quant aux objectifs poursuivis, la manière dont elles ont été organisées, le budget alloué pour la tenue de ces rencontres et les conséquences que ces assises pourraient engendrer. Voici en trois points les raisons pour lesquelles je me lève contre les assises de Dunkerque.

Premièrement, au-delà des plusieurs milliers d’euros jetés par la fenêtre à l’occasion des assises, une question de fond se pose : Mouigni Baraka a-t-il connaissance de la manière dont les comoriens de France se sont installés ? Se sont-ils organisés selon leurs origines insulaires ? Organiser des assises pour les comoriens de Ngazidja en France n’est il pas en soi une erreur pouvant attiser le feu des quelques résidus du séparatisme qui demeurent chez certains parmi nous ? 

En effet, il convient de porter à la connaissance du Gouverneur Mouigni Baraka que depuis la fin des années 90 jusqu’à l’an 2000, les comoriens de France se sont battus contre le séparatisme, et le principal outil trouvé pour lutter contre ce fléau était de se constituer en une et unique diaspora, la diaspora comorienne de France et non une quelconque diaspora insulaire de Ngazidja ou Mwali ou Ndzuani, d’où la naissance de la Diascom. L’opération menée par Mouigni et son cabinet remet en cause plusieurs années de travail (un travail non achevé, d’ailleurs) et fait reculer la diaspora comorienne de France d’une dizaine d’années en arrière. Le Gouverneur Mouigni Baraka a amorcé le morcellement de la diaspora comorienne en trois, voire quatre entités distinctes de la diaspora. Il sera aisé à Anissi Chamsidine, Gouverneur de Ndzuani de mener des actions similaires afin de satisfaire les quelques séparatistes qui restent, à Anjouan (et Dieu sait qu’ils sont nombreux) sans que cela ait une connotation négative.


La deuxième raison de mon indignation c’est le fait de reproduire les mêmes erreurs sans en tirer les leçons des précédentes. Les conférences qui ont eu lieu à Dunkerque ne sont pas les premières, mêmes si elles ont été déclarées comme telles, « premières assises de la diaspora ». Il y a déjà eu quatre assises organisées par la diaspora dont deux à Dunkerque. Elles ont toutes été marquées par des forts moments de palabre, sans suivi par la suite La palme a été décernée au Président Sambi, qui est venu signer en région parisienne une convention avec la diaspora lors d’une grande cérémonie, le 05 décembre 2010. Depuis, plus rien. Aujourd’hui, le Gouverneur Mouigni vient s’ajouter à la liste avec le résultat qu’on connait d’avance, la montagne accouchera d’une souris. 


Mon troisième motif d’exaspération est le fait de flamber des milliers d’euros pour quelques heures de palabres. 
En effet, le cabinet du Gouverneur Mouigni Baraka a évalué à 165 000 €uros le budget devant couvrir les frais des vacances du Gouverneur et de ses amis politiques, soit un peu plus de 81 millions de nos francs. Nous n’apprendrons pas au gouverneur que l’île pour laquelle il assure la destinée traverse une grave crise liée à la gestion des ordures ménagères. J’en avais fait déjà état dans une lettre ouverte que je lui avais adressé au mois de ramadhan, à propos de ces déchets. 


Nous n’apprendrons pas au Gouverneur que le Bambao et le Hambou ont connu des fortes intempéries au mois d’avril dernier, et que cette même diaspora s’est organisée, pour venir en aide les familles sinistrées en donnant tout ce qu’elle pouvait : argent, nourriture et habits, le tout dans des containers à destination de la Grande Comore. Aujourd’hui, le Gouverneur vient démontrer à cette même diaspora que le bien-être de ses concitoyens, il n’en a que faire. Ce qui l’intéresse, ce sont des opérations de prestige pour préparer sa campagne électorale de 2016. 
Quelques milliers d’€uros pour réconcilier les notables de Marseille ; 165 000 €uros pour les assises de Dunkerque, certains disent que les dépenses réelles avoisineraient les 400 000 €uros, nous prendrons l’histoire pour témoin.


Cependant, des vérités et contre-vérités ont été dites, J’ai le devoir de porter correction. Affirmer que Mouigni Baraka a contribué à la mise en place de la chambre de commerce à Lyon est une contre vérité. Le Gouverneur Mouigni Baraka n’y est pour rien. Son commissaire chargé des Finances s’est déplacé à Lyon le 25 mars 2012 lors de l’inauguration officielle de l’association de la Maison des Comores, au même titre que plusieurs autorités des entreprises publiques ou privées des Comores. Il a du assister au Forum économique qui s’est tenu le lendemain 26 mars 2012 à la Chambre de Commerce et d’industrie de Lyon pour l’inauguration de la Chambre de Commerce France Comores. 
Dire aussi que cette chambre de commerce est quasiment abandonnée est une autre contre vérité. Il est assez tôt (moins d’un an) pour faire un bilan. L’association régissant la chambre de commerce France- Comores inaugurée le lundi 26 mars 2012 est enregistrée officiellement et opérationnelle, comme l’ensemble des chambres de Commerce des pays africains enregistrés au CCI de Lyon. Grâce au forum tenu lors de l’inauguration de cette Chambre de Commerce France Comores, deux jeunes comoriens de la diaspora se sont inscrits à l’ANPI et se sont lancés dans les affaires depuis (voir Mdama, directeur de l’Agence nationale pour l’Investissement - ANPI). Grace à ce forum, le gouvernement comorien a fixé à 0% le taux de dédouanement des panneaux solaires, (Cf. le même Mdama). 
En revanche, il convient de noter que la réussite de la Chambre de Commerce France-Comores est conditionnée par une étroite collaboration entre cette institution et la CCIA de Moroni. Cet objectif est loin d’être atteint et doit être rapidement amélioré.


Saïd Hamidou ALLAOUI


Président du Club de Réflexion ULEZI
Secrétaire Général de la FEC


COMMUNIQUE

Le jeudi 29 novembre dernier, la Palestine est devenue «État observateur non-membre» des Nations unies. De ce fait, j’emboite le pas au gouvernement comorien, pour féliciter le Président de l’Etat de Palestine Mahmoud Abbas pour avoir réussi par son intelligence et son doigté à rehausser le statut de la Palestine. J’espère que cette reconnaissance sera utilisée de manière positive par les Israéliens et les Palestiniens pour relancer un processus de paix sincère.

Aujourd’hui, mes pensées vont au Président Yasser Arafat qui a initié ces combats à travers l’intifada.
Mes pensées vont aussi aux nombreuses et aux nombreux martyrs qui ont perdu la vie par les opérations kamikazes ou tués par les bombardements israéliens et autres.

Je prie Allah, que cette indépendance devienne entière et complète
Je prie de même pour tous les pays du monde, y  compris mon pays les Comores, qui sont sous domination coloniale de sortir des mainmises étouffantes des colons de toutes sortes.
Je prie ALLAH que Mayotte retrouve ses îles sœurs dans son giron naturel.

Fait à Moroni le 30 novembre 2012
                                                                                                                                                                               
Saïd Hamidou ALLAOUI
Président du club de réflexion ULEZI


03 septembre 2012

Comores Telecom, un outil pour la sécurité et la souveraineté nationales

Les échanges qui alimentent le débat sur la privatisation de Comores Telecom risquent d'en faire un sujet à polémique. C'est un sujet sérieux. Il mérite notre attention à tous. Le personnel de Comores Telecom s'est longuement exprimé à travers une lettre ouverte sur la privatisation de leur entreprise, notre bien à tous. Les salariés de Comores Telecom ont manifesté leurs craintes et s'opposent à la privatisation. Je me joins à eux. Je rejoins ceux qui sont contre la privatisation de Comores Télécoms et j’en appelle à notre conscience collective. Nous devons nous rassembler avec force pour nous battre contre cette privation de notre patrimoine, seul bien national qui reste encore en état de marche, d'autant plus que les arguments que l’on nous tient pour céder cette société d’Etat sont très légers.

En effet, alors que tous les pays africains procédaient à la privatisation de leurs services de télécommunications, c’est vrai c’est le cas de Madagascar comme l’a souligné Monsieur OUBEIDI MZEE CHEI,  Djibouti s’est contenté de doter son entreprise publique d’un statut de Société Anonyme, sans procéder à la mise en vente. Djibouti Telecom, propriété de l’Etat, fait donc aujourd’hui figure d’exception dans le paysage africain, voire international. Djibouti Telecom a mis en place une stratégie originale, conforme à sa spécificité géographique et à la culture de hub développée dans les autres secteurs. Djibouti Telecom fournit aujourd’hui un câble de fibre optique qui relie maintenant Addis-Abeba et deux tiers du web éthiopien, e qui lui assure une nouvelle source de revenus. Fort de sa position stratégique sur ces autoroutes de l’information, Djibouti s’est doté d’un puissant raccordement au câble sous-marin qui relie la Grande Bretagne à l’Inde. Voila un contre exemple pour TELMA de MADAGASCAR. Le même cas s’est produit aux Seychelles. La Banque mondiale et le FMI ont souhaité faire privatiser l’enseignement. Le ministre de l’éducation nationale a tenu tête.

Aussi, si effectivement, parmi les raisons nous permettant d’atteindre le point d’achèvement en décembre, il faut privatiser Comores Telecom, alors que cette société est capable de payer plus 6 milliards FC par an de taxes et impôts à l’Etat, alors il faudrait que nos autorités aillent renégocier les conditions et voir ce que d’autres pays ont fait.

En revanche, ma plus grande inquiétude sur ce débat est ailleurs.
Comores Telecom relève de la sécurité nationale. Comment peut-on laisser à la portée de tout le monde un outil aussi stratégique, hautement stratégique, que les télécommunications dans un pays comme le notre ? Se rend-on compte que nous sommes situés dans le canal de Mozambique et nous sommes voisins de la 5ème puissance mondiale, la France sous couvert de l'île de la Réunion, en quête d'hégémonie ?  Ne nous a-t-on pas dit d'ailleurs que la France a installé en 2001 le système Essaim, les "grandes oreilles" de la France, à Mayotte ? Si l'on pense que les temps des coups d'états et du séparatisme sont révolus et qu'aucune instabilité de nature politique ne viendrait perturber notre tranquillité, en est-il de même pour l'espionnage économique ? Beït-Salam est-il doté des moyens pour protéger  les conversations du Président de la république sans passer par Comores Telecom ?
Avec les moyens technologiques dont nous disposons, beaucoup moins avancés, certes, Comores Telecom, seul outil à la disposition de l’Etat, relève de la souveraineté nationale. Nous ne pouvons pas nous priver d'une partie de notre souveraineté nationale.

Par ailleurs, l’ancien Ministre des Finances, OUBEIDI MZE CHEI, Secrétaire Permanent du CREF, en réponse à la lettre ouverte du personnel de Comores Telecom, défend la privatisation de la société d’Etat. Son argumentation - oh combien légère - s'appuie essentiellement sur la mauvaise gestion de la société. Il met en cause les orientations prises par les dirigeants de Comores Telecom tant sur le plan de la rentabilité que sur le plan technique. Sans faire allusion à l’opacité que la société connait. Mais Est-ce que cet ancien Ministre des Finances, Conseiller du Président de l’Union, Secrétaire permanent du CREF a-t-il déjà plaidé auprès des Présidents Sambi et Ikililou, pour une bonne gouvernance de Comores Telecom ? A-t-il déjà préconisé aux Chefs des Gouvernements auxquels il a appartenu le changement des instances dirigeantes de cette société ? S’il s’est tu, comme il s’est tu, ne pense-t-il pas qu’il a contribué à faire de Comores Télécom, un Etat dans l’Etat ? N’aurait il pas fallu tout simplement nommer aux instances dirigeantes de la société des personnes compétentes ?

Pour rester sur le volet de rentabilité, si l’on se tient à l’argument du personnel de Comores Telecom qui est de dire qu’en 2010, 12 milliards 595 millions FC ont été prélevés sur les Comptes de Comore Telecom, soit plus de 50% du Chiffre d’affaires (21 milliards 89 millions FC) et que la société n’a pas mis les clés sous le paillasson mais elle est arrivée à assurer son fonctionnement en 2010 en payant les salaires, les emprunts et autres  investissements, aussi farfelus soit-il, (la construction des centres commerciaux) alors nécessairement on ne doit pas changer forcément de propriétaire, on doit plutôt changer de dirigeant pour rendre cette société rentable et compétitive.

Ensuite, le discours tenu par Monsieur OUBEIDI MZE CHEI à l’égard des salariés qui seront remerciés à l’issu de cette privatisation est digne d’un Chef d’entreprise britannique ou américaine mais pas d’un homme politique, qui est encore aux responsabilités. «Quelqu'en soit les décisions, les mesures respectant les droits des travailleurs seront strictement respectés »,  écrit-il. Oui, Bien sûr ! Par cette phrase, il veut dire tout simplement que les investisseurs qui prendront possession de l’entreprise (et à qui reviendront environ le tiers des fruits de la privatisation) verseront les droits des salariés qui seront dégagés et les  renverront chez eux. En lisant cela, ça m’a fait froid au dos : Le Pouvoir en place auquel le Secrétaire permanent du CREF appartient ne se donne aucune obligation d’emploi à l’égard du peuple comorien. Enseignement : avec la mouvance, le taux de chômage restera très longtemps très haut

Enfin, alors que Mr OUBEIDI avance que le Chiffre d’Affaires de la société est en forte progression : +72% par rapport à 2006 et que la rentabilité est moindre. Est-ce que avec ce seul argument la solution est de privatiser Comores Telecom ou plutôt de changer les dirigeants de la société ? N’est ce pas le moment de prendre vos responsabilités en tant que Secrétaire permanent du CREF et Conseiller du Président de l’Union pour faire adopter d’autres orientations pour le bien de cette société et de notre pays ?

Saïd Hamidou ALLAOUI

Président du club de rélexion ULEZI
Coordinateur régional de Diascom Rhône Alpes





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